VINS
ET CRÉATIVITÉ

Thierry Moyne vin et creativite

Dans une période où nous devons transformer notre rapport à la Terre, le dessein est de découvrir le vin comme un vecteur de créativité ancré dans la mémoire de la terre.

Je considère la bouteille de vin comme un livre, le vigneron écrit l’histoire de son terroir et éveille nos sensibilités à sa lecture.

La vigne, par ses racines, entre en relation avec l’histoire géologique de son terroir. L’acte sensible de la transformation du jus de raisin en vin par le vigneron fait ressurgir la mémoire profonde de sa terre d’origine. Boire du vin en pleine conscience permet de se reconnecter à cette mémoire. L’acte artistique consiste à transcrire cette énergie sur une toile.

La démarche

La dégustation classique est fondée sur l’analyse sensorielle, et la caractérisation de la couleur, des odeurs et des sensations en bouche (acidité, astringence, chaleur…) elle fait appel à l’univers de l’hémisphère gauche de notre cerveau, celui de la formalisation, du symbole, de la raison. En commençant par la vue et surtout le nez, puis la bouche on parlera très vite des défauts, déviance et autres déséquilibres du vin, cherchant à comprendre, reconnaître le cépage, la région, le millésime, (quelle fierté lorsque l’on reconnaît un vin !) on va bien sûr le boire mais déjà une quantité importante d’informations est passée à notre cerveau et orientera notre sensation. Nous allons nous fier à ce que nous pensons reconnaître ou avoir appris.

Par exemple, dans les vinifications naturelles, il arrive qu’un vin ait à l’ouverture des odeurs désagréables de réduction au nez alors que la bouche est agréable et fruitée. Notre cerveau jugera ce vin comme impropre par l’odorat, qui est notre premier protecteur. Cela demande un effort pour le goûter à sa juste valeur et que nous en acceptions sa qualité. Si on le passe directement en bouche, nous avons tout de suite la relation intime avec ce vin sans jugement.

C’est cette relation intime basée sur la perception qui m’amène à la création.

Cerveau droit, cerveau gauche

Dans son livre Apprendre à dessiner avec le cerveau droit (édition Mardaga), Betty Edwards explique comment l’univers du cerveau gauche va symboliser, dans un souci d’efficacité, le sujet que l’on veut dessiner. Par exemple, pour pouvoir dessiner la réelle complexité d’une main il faut s’attarder aux détails, aux relations des traits, des ombres, des espaces les uns par rapport aux autres et refuser la simplification symbolique que nous propose le cerveau gauche. On ne doit pas dessiner une main mais cette main, à cet instant (appliquée à la dégustation, la démarche est d’entrer en relation avec ce vin, à l’instant présent, sans se soucier du contexte, de ses techniques de réalisations et de ses origines…)

L’univers du cerveau droit, quant à lui, se préoccupe de la perception globale et précise sans souci de l’efficacité : les proportions, les relations des choses entre elles, et nous mène vers la sensibilité et l’intuition qui sont les bases de la créativité. La réponse est perceptive et non raisonnée. La perception du terroir dans un vin est très complexe et ne peut encore être expliquée rationnellement. La dégustation créative par le cerveau droit permet d’en ressentir et percevoir les contours.

La  dégustation créative

Mettre le vin en bouche directement en fermant l’odorat (arrêter de respirer) fermer les yeux, profiter de sa présence , des premières impressions, le boire doucement écouter les sensations corporelles, puis inspirer par la bouche en conservant du vin et expirer par le nez afin que toute la poésie des arômes éveille en nous de nouvelles images, des souvenirs de promenades, des envies de plats, des confitures, des lieux… et enfin laisser venir les émotions, prêter l’oreille à la petite musique de ce vin et le doux plaisir d’être présent dans la profondeur du lien nourricier qui l’unit à sa terre.

Le contenant : un gobelet en terre du Jura

L’influence du verre en dégustation n’est plus à démontrer, en 2017 pour l’art se dévoile à Château-Chalon, je travaille avec la céramiste Françoise Cholé autour d’un projet avec de la « marne bleue ». Au cours de préparations apéritives, l’idée apparaît de goûter du vin dans un verre en terre. De là est né un projet de gobelet à vin en marne bleue pour boire du Château-Chalon… La dégustation révèle une relation intime au vin et renforce la perception sensible tandis que le passage dans un verre va renforcer l’analyse et surtout l’expression sociale du vin.

Boire un vin c’est nourrir notre relation à la Terre pour se laisser enivrer de créativité et de sensibilité.

Conférences

Thierry Moyne propose de partager sa démarche singulière de connaissance des vins et du vignoble du Jura lors de conférences dynamiques et interactives.

La dégustation créative : comment aborder notre rapport au vin de manière créative et de lâcher prise, sans omettre les rapports à l’alcool et ses effets psychotropes. Quelle place du vin dans nos relations sociales ? Le vin est-il un alcool comme un autre ? (conférence autour de la démarche artistique de Thierry Moyne en dégustant trois vins en relation avec trois œuvres)

La découverte artistique du vignoble du jura : à travers le commentaire de 5 œuvres et la dégustation de 5 vins, nous aborderons la complexité du vignoble du jura par ses terroirs et ses cépages.

Génèse d’un accord mets et vins : à partir de trois vins différents d’un même cépage, quelles stratégie d’accords ? Comment la démarche créative ouvre les portes de nouvelles sensations dans les accords mets et vins.

Budget et conditions en fonction du nombre de personnes et du contexte, chaque conférence est personnalisée suivant vos objectifs.